Une période charnière
Par Benoit Drunat
Chers amis,
Cette rentrée sera marquée par la publication du décret d'application de l'article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, contre lequel nous nous sommes élevés aux côtés d'une grande partie de nos confrères.
Les arbitrages sur le projet de décret concernant l'usage du titre de psychothérapeute sont, selon Francis Brunelle, terminés. A cet égard, le Syndicat National des Psychologues qui a récemment rencontré Monsieur Brunelle transmet les informations suivantes (voir http://www.psychologues.org) :
1 - les membres de droit (pour rappel : médecins, psychologues, psychanalystes inscrits aux annuaires des Ecoles) ne seraient pas soumis à des prérequis et il leur appartiendra de se référer à leur déontologie.
2 - Pour les "non non" qui souhaiteraient faire usage du titre de psychothérapeute, il devraient pouvoir justifier d'une formation à la psychopathologie clinique validée par l'université qui ne soit pas inférieure à celle procurée par un master; cette exigence serait exprimée dans le décret sous la forme d'un minimum d'heures de formation.
Le projet de décret a été transmis au Secrétariat d'Etat chargé des Universités pour validation. La parution du décret est annoncée pour septembre sur le site Légifrance
Ainsi, les petits ajustements auxquels le gouvernement a consenti auront su satisfaire tels ou tels. Mais, à considérer l’enjeu qui a rassemblé une grande partie du champ psy depuis fin 2003, force est de constater que la marche en avant du gouvernement sur la politique de santé mentale a été peu infléchie, que les textes ont été votés et leur mise en œuvre parachevée.
Cela changera-t-il quelque chose à la pratique des psychanalystes profanes ?
La question est désormais déplacée. D’abord, dans les mois à venir, elle reviendra vers les Ecoles comme nous le pressentions. A cet égard, reprendront toute leur place et leur fonction le principe de la laïcité de la psychanalyse et les dispositifs tels celui de la passe ; puis, dans les années prochaines, elle parviendra devant les tribunaux et la jurisprudence dira si la conception qui est la nôtre, après Freud et Lacan, de la laïcité de la psychanalyse a toujours droit de cité.
Nous traversons donc à une période charnière. L’engagement pour la défense de la psychanalyse profane et notre action associative devront être repensés.
C’est pourquoi le troisième AMT d’(a)lpha, prévu pour février-mars 2007, au cours duquel il sera notamment question de la transmission du savoir psychanalytique devrait marquer un tournant décisif dans la vie de notre association.
Benoit Drunat
Président d’(a)lpha


