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octobre 28, 2007

Laïcité et Psychanalyse

Par Daniel LIOTTA
Professeur agrégé de philosophie en classe préparatoire littéraire

Les événements français des années récentes – la propositions d’amendement Accoyer et Giraud, le plan Cléry-Merlin, le rapport de l’Inserm consacré à l’expertise des « troubles mentaux chez l’enfant et l’adolescent », bien d’autres initiatives encore - ont souvent été pensés par les psychanalystes comme ce qu’ils étaient objectivement : une attaque contre la rationalité et la pratique analytiques. Or ils constituent également une attaque contre les principes et la pratique de la laïcité politique. L’enjeu est donc de saisir le point de rencontre entre ces deux attaques. Ainsi la création d’« (a)lpha - Association pour la laïcité de la psychanalyse » est plus encore que précieuse : essentielle, car elle oblige la pensée – et singulièrement les psychanalystes et les sujets lucides quant à leur responsabilité politique – à nouer les deux causes, analytique et laïque, pour que chacune, peut-être, soit plus consciente de ce qui l’articule à l’autre. Les nouer, cela signifie : esquisser la logique commune des « ensembles » qu’elles constituent, déterminer la figure-limite qu’elles proposent et, finalement, entendre ce que Lacan nomme « la laïcisation » de l’analyse. – Partons de l’enjeu présent.

(Pour le texte intégral, voir le fichier PDF ci-joint.

juillet 07, 2007

Un enjeu décentré et étendu

Par Benoit Drunat

(a)lpha contribue, dans le mouvement qui a suivi le dépôt de l’amendement Accoyer, à réactualiser la question de l’analyse profane. Au fur et à mesure que les textes de lois se succédaient pour aboutir à l’article 52 de la loi du 9 août 2004, la question de la laïcité de la psychanalyse est apparue comme un point nodal du combat que devaient mener les psychanalystes pour faire comprendre cette dimension particulière, sine qua non, de leur pratique.

La décision du Conseil d’Etat de surseoir à l’étude du projet de décret d’application de l’article 52, le renouvellement de la majorité parlementaire, le changement de gouvernement sont autant de données politiques qui déplacent l’actualité.

La laïcité de la psychanalyse en tant que telle n’est plus – actuellement – à la pointe du débat. De sorte que l’on assiste à un renversement de perspective et à l’éclosion d’un paradoxe : on a cru que l’article 52 serait une atteinte au principe fondateur qu’(a)lpha défend et que son application risquerait de mettre à mal l’exercice de la psychanalyse par des analystes profanes.

Or – c’est là le paradoxe, en dépit de sa non-application, la loi n’est pas sans conséquence : l’incertitude actuelle liée au statut des psychothérapeutes a induit de nouveaux positionnements de ces derniers qui ramènent le débat à l’intérieur du champ psy.

Par ailleurs, les psychanalystes français accepteront-ils, comme leurs confrères l’ont fait dans de nombreux pays d’Europe, notamment en Grande-Bretagne et en Suède, de céder à un néo-kleinisme qui, comme le rappelait dernièrement Elisabeth Roudinesco (lors de la rencontre initiée par le collectif « Sauvons la clinique », le 30 juin), vise à traiter des troubles de l’attachement, du narcissisme et promeut la résilience à l’envi, pour se réduire à une éthologie ? Ou bien, forts de la spécificité française, tiendront-ils sur l’essentiel à savoir que la psychanalyse est une quête de savoir opérée par un sujet avec un psychanalyste ?

L’enjeu est donc désormais décentré et étendu : opérant à contre-courant du sens commun, étrangère à la logique économique qui fait de l’homme une machine dont on évalue le coût de l’entretien, la psychanalyse vise à ce que l’analysant se réveille comme l’énonçait Lacan et c’est là que réside sa dimension subversive. Entreprise de désaliénation et de désidentification, elle promeut un sujet unique, advenu à soi-même, au risque du non-conforme. Elle fixe comme perspective l’émergence d’un savoir ignoré du sujet, dans une temporalité spécifique.

Ainsi, la dimension légale est actuellement reléguée au second plan. Il n’en incombe pas moins aux psychanalystes de poursuivre leur réflexion en vue de l’enrichissement théorico-clinique de leur art.

Ces quelques remarques et interrogations dépassent la stricte question de l’analyse profane, mais entretiennent avec elle un lien connexe étroit qui va de pair avec la nécessaire implication des psychanalystes dans le champ social.

Rappelons ici que la possibilité est offerte à chacun d’entre vous de les étayer ou de les discuter dans des groupes de travail ou via des contributions personnelles. (a)lpha continue d’être ce lieu d’échanges ouvert à ses adhérents et son site Internet (www.alpha-psychanalyse.org) permet d’accueillir et diffuser les travaux produits.

(a)lpha offre à ceux qui le souhaitent et en manifestent le désir, un espace possible de réflexion. Et notre association fait le choix de rester vigilante, au cas où l’actualité reviendrait sur la question qui l’anime.

décembre 04, 2005

Votre psychanalyste

Par Aline Dupuy

Les experts de l’évaluation et de la réglementation sont des collectionneurs. Ils partent à la chasse aux inadaptés sociaux de tout poil, les classent et les étiquettent soigneusement, les épinglent de signifiants aussi ridicules qu’incompréhensibles, inventent de nouveaux spécimens selon des critères plus que douteux, se font appeler scientifiques, se disent modestes et crient haut et fort que la psychanalyse n’est pas une pratique qui puisse être évaluée, qu’elle n’a aucune fiabilité qu’elle est donc incapable de traiter de façon efficace tous ceux qui souffrent de troubles psychiques.

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décembre 03, 2005

Pour la psychanalyse laïque

Par Hassen Chedri
Philosophe, psychanalyste

"... ce qui devrait être le souci majeur de tout praticien :tracer chaque jour son champ d’action, redéfinir ses outils, ses concepts,lutter contre sa propre nocivité afin de préserver ce domaine toujours menacé : l’éthique" - Jean Oury, Création et Schizophrénie, Ed. Galilée, 1989


Avec les interventions d’Accoyer et Mattéi dans le champ psychanalytique, il y a eu pour moi un coup de tonnerre, un avant et un après, une surprise totale, transversale aux associations, subversive. Subversive dans le renoncement à s’en remettre à des fatalités du genre « on est obligé de négocier avec l’Etat, c’est inévitable » , sans débat avec les membres des associations. Subversive dans le sens où depuis lors, on renverse les choses, désoriente les perspectives et les évidences corporatistes, non pour détruire, mais dans la perspective d’une vérité critique. Non plus pour affirmer des certitudes, ces dernières renvoyant à l’idéologie syndicaliste d’associations analytiques.

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NON !

Par Roger-Valère Thoumine
Ni-ni, Psychothérapeute intégratif formé en auditeur libre à la fac UCBLyon1, D.U. option Gestalt (EPG) , Analysant, Membre associé de la FFdP, Administrateur d’(a)lpha – Association pour la laïcité de la psychanalyse

Depuis le début de l'«affaire Accoyer» je lis, écoute, regarde ce qui se passe avec forte inquiétude (comme beaucoup). Depuis la mi-décembre 2003, j’ai le sentiment que tout a été fait pour nous mettre nous-même dans la «Gueule du Loup Accoyer» et couper les «ailes à la liberté» malgré les sirènes alarmantes des plus réalistes et ce, non sans coeur.

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Soutenir la laïcité de la psychanalyse est une question de goût…

Edouard Lambeau
Agronome et infirmier lacanien

Lettre ouverte aux législateurs de France et de Belgique


Mesdames, Messieurs les Ministres,

Hier soir j’ai pensé à vous.

Le Gevrey-Chambertin que j’ai débouché pour mes hôtes ne nous a pas donné satisfaction. Il était trop tannique, sans vivacité et aucun arôme de fruits rouges caramélisés ne s’est développé. Pourtant, cette appellation mondialement reconnue aurait dû nous offrir toutes les garanties de qualité.

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«Your psychoanalyst is a charlatan»

Par Françoise Stark Mornington

Depuis la présentation de l’amendement Accoyer, on assiste à la composition d’une nouvelle relation équative dans la doxa [psychothérapeute - charlatan] résultant de la concaténation du syntagme [les psychothérapeutes sont des charlatans]. Comme l’atteste l’information communiquée au SNP le 24 novembre 1999 par Bernard Accoyer, député de Haute-Savoie et maire d’Annecy-le-Vieux, information accompagnée d’un courrier précisant :

«Il s’avère en effet que seule l’utilisation des titres de "psychologue" et "psychiatre" est étroitement encadrée, de sorte qu’il arrive que des charlatans, dont des membres de sectes, n’hésitent pas à s’autoproclamer "psychothérapeute", abusant ainsi de la vulnérabilité de leurs clients potentiels»

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Sans garantie

Par Elsa Ebenstein

Ceci n’est pas un "dialogue".

Questions, réponses - et convictions! - forment le tout d’un texte qui n’a cette forme dialoguée que dans un souci de clarté.

Qu’appelle-t-on «psychanalyse laïque» ?

La psychanalyse est une praxis qui permet de découvrir les conflits inconscients qui nous traversent.
Elle a souvent un effet thérapeutique, car les conflits qu’elle met à jour s’exprimaient sous forme de symptômes et de souffrance psychique. Parce qu’elle a un effet thérapeutique, on peut penser qu’elle relève de la médecine et ne devrait donc être exercée que par des médecins.

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D’une résistance, l’autre: vers la question de l’analyste profane

Par Benoit Drunat

Excursus après lecture du Dilemme du docteur

« J’ai l’impression que la résistance à la pratique de la psychanalyse par des analystes profanes ne relève pas toujours de considérations théoriques. Il me semble qu’interviennent d’autres motifs tels le prestige médical ou des questions d’ordre économique. Parmi nous, comme partout ailleurs, la lutte économique trouve son masque idéologique. »

Tels auraient pu être mes premiers mots, s’ils n’avaient pas été ceux d’Hermann Nunberg , jeune analyste hongrois, lors d’un symposium organisé par Jones et Eitingon en 1927 qui avaient été alarmés par l’ampleur et la gravité des échanges liés à la question de la laïcité de la psychanalyse.

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Propos sur "La Question de l’Analyse Profane" de Sigmund Freud

Par Karim Bordeau

Dans ce court ouvrage Freud se propose de traiter « la question de savoir si l’on doit permettre aux non-médecins eux aussi de pratiquer l’analyse», répondant par là à la plainte pénale dont Theodor Reik fut l’objet.

Disons-le tout de suite, Freud n’affronte pas la question directement, mais s’emploie à mener son interlocuteur supposé, sur un chemin fait de détours bien singuliers, comme si l’objet même de son interrogation exigeait ces contours, mode de démonstration qui consiste, comme nous le dit Lacan, à « conduire l’adversaire sur un chemin tel que ce soit de son brusque détachement que surgisse une dimension jusqu’alors inaperçue. »

Mais, pour qui ?

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décembre 02, 2005

Un effort de laïcité

Armelle Gaydon

"Un effort de laïcité",
article publié dans
Quarto n°83,
Revue de psychanalyse,
Ecole de la Cause freudienne,
janvier 2005, pp.70-72.

En vente à l'ECF.