Par David Muhlmann
L’affaire Reik (1926), et l’ouvrage de Freud publié à cette occasion, La question de l’analyse profane (1926), furent l’occasion pour le mouvement psychanalytique international de se poser la question du statut (médical ou non) et des enjeux (strictement cliniques ou non) de la psychanalyse. Sous l’impulsion de Jones et d’Eitingon, il fut décidé d’organiser, en prélude au Congrès d’Innsbruck de 1927, une discussion générale sur le sujet..
Le dossier témoigne de l’âpreté des affrontements et de l’hostilité que suscita la position de Freud. Certains psychanalystes sont strictement opposés à l’analyse profane : c’est la position américaine, emmenée par Brill. D’autres se prononcent sans réserve pour l’analyse profane : c’est le cas de Freud et de Ferenczi. Enfin, un troisième groupe, emmené par Jones et Eitingon, accepte le principe de la pratique de l’analyse par les non-médecins tout en exprimant un certain nombre de réserves. «A part la société américaine, unanimement contre les non-médecins, la hongroise, entièrement pour, et l’anglaise, unie derrière l’acceptation réservée de Jones, les sociétés sont divisées» (Schneider, p. 158).
Lire la suite "Le Grand Débat" »