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février 23, 2007

Titre de psychothérapeute :
Après la décision du Conseil constitutionnel,
le gouvernement va-t-il s’obstiner ?

Par Jean-Pierre Sueur, Sénateur du Loiret

Après la décision du Conseil constitutionnel, le gouvernement va-t-il s’obstiner dans des voies sans issues ou « tout remettre à plat » en concertation avec les professionnels concernés ?

Le Conseil constitutionnel a déclaré que les articles issus des nouveaux amendements Accoyer sur le titre de psychothérapeute inscrits dans un projet de loi ne portant que sur… le médicament avaient été adoptés dans des conditions contraires à la Constitution. Ils sont donc annulés.

La question qui est posée est, maintenant, de savoir si après ce nouveau camouflet le gouvernement va s’obstiner à publier un décret quitte à multiplier les faux-semblants et les contradictions sur un sujet qui mérite mieux ou s’il va choisir de tout remettre à plat et de prendre le temps de traiter ce sujet sur des bases plus sûres… quitte à ce que le travail soit poursuivi et achevé par le prochain gouvernement !

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Après la décision du Conseil constitutionnel,
le gouvernement va-t-il s’obstiner ?" »

janvier 15, 2007

Pourquoi les nouveaux amendements Accoyer
ne lèvent-ils pas les contradictions du premier ?

par Jean-Pierre SUEUR
Sénateur du Loiret

S’employer à définir les conditions d’exercice de la profession de psychothérapeute n’est pas a priori contestable. On peut considérer, tout au contraire, que cette tâche est utile, nécessaire, et donc légitime.

Ce qui, en revanche, est hautement contestable, c’est l’acharnement à vouloir accomplir cette tâche sur la base d’un texte totalement contradictoire dans ses termes et c’est le consentement à ce que cette question légitime soit continuellement instrumentalisée par d’autres causes et tout particulièrement par la croisade que mènent un certain nombre d’adeptes du comportementalisme et des thérapies cognitivo-comportementales pour tenter de disqualifier à la fois la psychanalyse et les psychothérapies relationnelles.

Les deux nouveaux amendements que M. Accoyer vient de faire adopter à l’Assemblée Nationale relèvent de cette double dérive.

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ne lèvent-ils pas les contradictions du premier ?" »

janvier 14, 2007

Amendement Accoyer, bis!

Par Benoit Drunat et Armelle Gaydon

Alors que le Gouvernement semblait vouloir temporiser, le Parlement sonne une nouvelle charge : ce jeudi 11 janvier, deux amendements (AMENDEMENT N° 104 et AMENDEMENT N° 105 présentés par Mme Gallez, rapporteure, au nom de la commission des affaires culturelles, MM. Accoyer, Dubernard et Fagniez ) qui modifient sensiblement les dispositions de l’article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, ont été mis aux voix et adoptés. Ils le transforment ainsi (nouvelles mentions en majuscules) :

Article 52

L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.
L'inscription est enregistrée sur une liste dressée par le représentant de l'Etat dans le département de leur résidence professionnelle. Elle est tenue à jour, mise à la disposition du public et publiée régulièrement. Cette liste mentionne les formations suivies par le professionnel. En cas de transfert de la résidence professionnelle dans un autre département, une nouvelle inscription est obligatoire. La même obligation s'impose aux personnes qui, après deux ans d'interruption, veulent à nouveau faire usage du titre de psychothérapeute. L'inscription sur la liste visée à l'alinéa précédent est de droit pour les titulaires d'un diplôme de docteur en médecine, les personnes autorisées à faire usage du titre de psychologue dans les conditions définies par l'article 44 de la loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social et les psychanalystes régulièrement enregistrés dans les annuaires de leurs associations.

POUR POUVOIR S'INSCRIRE SUR LA LISTE DEPARTEMENTALE, LES PROFESSIONNELS JUSTIFIANT D'AU MOINS TROIS ANNEES D'EXERCICE SOUS LA DENOMINATION DE « PSYCHOTHERAPEUTE », A LA DATE DE PROMULGATION DE LA PRESENTE LOI, DOIVENT PREALABLEMENT OBTENIR L'AUTORISATION D'UNE COMMISSION REGIONALE COMPOSEE A PARITE DE TITULAIRES D'UN DIPLOME EN MEDECINE ET DE PERSONNES AUTORISEES A FAIRE USAGE DU TITRE DE PSYCHOLOGUE DANS LES CONDITIONS DEFINIES PAR L'ARTICLE 44 DE LA LOI N° 85-772 DU 25 JUILLET 1985 PORTANT DIVERSES DISPOSITIONS D'ORDRE SOCIAL.

Un décret en Conseil d'Etat précise les modalités d'application du présent article et les conditions de formation UNIVERSITAIRE théoriques et pratiques en psychopathologie clinique que doivent remplir les personnes visées aux deuxième et troisième alinéas

Ainsi, ces amendements prévoit 1 - une application très restrictive de la « clause du grand-père » pour les psychothérapeutes en exercice ; 2 - de confier l'ensemble du champ à des commissions de psychologues et psychiatres ; 3 - interdire que la formation des psychothérapeutes ait lieu ailleurs qu'à l'université.

Il est notable par ailleurs que les débats parlementaires ont mis à jour explicitement la question qui était jusqu’alors implicitement posée du devenir des psychanalystes, a fortiori lorsqu’ils sont profanes. Ainsi, lors de la deuxième séance, les échanges ont pris la teneur suivante (extrait) :


M. JEAN-LUC PRÉEL (UDF) – « Dans l’intérêt des patients, il serait souhaitable de mener une évaluation des formations et des pratiques, sujets sur lesquels le décret en cours de parution ne satisfait pas tous les intéressés. Quant à la psychothérapie, c’est un sujet important, car elle agit au plus profond de l’être… Nous devons donc veiller à ce que la formation soit adaptée. On peut se demander avec Claude Evin si l’on est compétent en matière de psychothérapie du seul fait d’être docteur en médecine, par exemple...

M. CLAUDE EVIN (PS) – C’est malheureusement ce que prévoit la loi…

M. JEAN-LUC PRÉEL (UDF) – Est-ce qu’avoir un peu étudié la psychologie suffit ? On peut en douter. Et qu’en est-il de la psychanalyse ? Bien des questions se posent donc.
S’agissant du décret annoncé, j’ai cru comprendre que vous en étiez à sa quatrième version, Monsieur le ministre : concerter, c’est bien, mais il faudrait enfin conclure. L’amendement 109 ne résout pas tout, car un autre décret est prévu, ainsi qu’un arrêté : il faudra donc attendre encore. À quoi servirait donc d’adopter cet amendement, ou bien les 104 et 105 ? Retirons-les tous les trois, et attendons le décret…

M. BERNARD ACCOYER (UMP) – Les différents projets de décret s’étant retrouvés sur des sites internet, chacun a pu s’informer…. Je rappellerai seulement que l’inscription sur les listes départementales est de droit pour les professionnels ayant bénéficié d’une formation universitaire incontestable, qu’il s’agisse des médecins, des psychologues ou des psychanalystes…

M. JJEAN-MARIE LE GUEN (PS) – Il n’y a pas d’université pour les psychanalystes !

M. BERNARD ACCOYER (UMP) – Les écoles de psychanalystes apportent des garanties satisfaisantes grâce à leur autodiscipline. En repoussant à nouveau ces dispositions, vous feriez triompher ces charlatans dont la manipulation est la spécialité.

La solution que nous proposons permet de faire droit, avec l’accord de la communauté médicale, psychologique, psychiatrique et psychanalytique – à l’exception bien sûr de quelques individualités médiatiques – et sans entraver la démarche du Gouvernement, à un droit élémentaire, le droit à la sécurité des personnes en souffrance et des malades. Je voterai donc contre l’amendement 109, et pour les amendements 104 et 105. »

Que Bernard Accoyer reconnaisse les garanties qu’apportent les Ecoles de psychanalyse pour laisser croire que la solution adoptée recueille l’adhésion de la communauté psychanalytique, après avoir mentionné la formation universitaire des psychanalystes, témoigne de la confusion persistante contre laquelle nous luttons depuis fin 2003.

La discussion au Sénat prévue le 24 janvier sera d’une importance cruciale.

Si l’article 52 était modifié selon les termes indiqués ci-dessus, en pire donc, il resterait contradictoire. Quant au décret d’application actuellement discuté en Conseil d’Etat, il reste inacceptable.
Pour rester optimistes et combatifs, souvenons-nous que nous vivons dans un état de droit ; comme l’écrit ce dimanche le juriste François-R. Dupond-Muzart dans un mail d’information, « Pour ce qui concerne le Droit public, le monopole universitaire des formations est depuis longtemps proscrit dans le cadre des Communautés européennes. La libre concurrence des organismes de formation est de droit, pourvu que les organismes divers public ou privés, ou filiales d'organismes européens (notamment universités privées...), présentent les programmes et structures minimaux à définir par les pouvoirs publics. Et c'est toute la question de l'enseignement privé, liberté "publique" essentielle, qui s'y exprime. »

Les motifs qui ont valu notre engagement dans ce combat, pour que vive la psychanalyse, sont donc réactualisés. Et les raisons d’une nouvelle mobilisation plus que jamais réunies.

Pour (a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse,
Benoit Drunat et Armelle Gaydon

novembre 14, 2006

Lettre au Permier Ministre

Orléans, le 11 novembre 2006

Monsieur le Premier Ministre,

Depuis le dépôt de son amendement par Bernard Accoyer, une tentative néfaste de légiférer sur le statut des psychothérapeutes a été déployée par votre gouvernement qui prend conseil auprès des promoteurs de la rééducation des « troubles mentaux » par la suggestion et la contrainte.

Nous avions pu croire, en avril dernier, que le choix de donner un décret d’application à l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur la Politique de Santé Publique, trouvait une issue sinon honorable du moins négociée aux débats qu’il avait suscité.

Nous avions pu croire que les consultations menées au Ministère de la Santé par Monsieur le Professeur Francis Brunelle notamment, au nom de Monsieur Xavier Bertrand, Ministre de la Santé et des Solidarités, aboutissaient alors à un compromis tolérable.

C’était sans compter sur l’effacement, dans la dernière version en date du projet de décret, du résultat de ces consultations menées avec les associations et Ecoles de psychothérapeutes et de psychanalystes.

Ce projet, aux multiples contradictions, confie désormais à la seule Université la formation des psychothérapeutes, niant la qualification et l’habilitation de ceux qui ont été formés dans des instituts privés et exercent aujourd’hui : ainsi la dimension la plus intime de l’être humain pourrait à l’avenir être prise en charge exclusivement par des psychothérapeutes d’Etat, selon la formule de Monsieur le Professeur Roland Gori.

Or, la seule formation universitaire ne saura jamais constituer une quelconque garantie en ce domaine et produira des conséquences désastreuses, sans doute dans l’équilibre du champ psy, mais surtout dans la société.

Notre association prend note que l'exercice de la psychanalyse en tant que tel – par des psychanalystes qui n’envisagent pas d’exercer par ailleurs en tant que psychothérapeutes – n'est pas, à ce jour, explicitement concerné dans la rédaction du projet de décret sur le statut des psychothérapeutes. Cependant, ce dernier annonce, selon la logique d’un principe de précaution dorénavant aux commandes, complété d’un souci sécuritaire dont l’actualité ne cesse de démontrer l’échec, le déni des travaux centenaires orientés par la psychanalyse et la négation des formations internes aux Ecoles qui ont fait de la psychanalyse française, avec Jacques Lacan, le modèle d’une pratique de la liberté.

Aussi (a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse – répète ici sa désapprobation catégorique vis-à-vis de la version actuelle du projet de décret d’application de l’article 52 de la loi du 9 août 2004 sur la Politique de Santé Publique. Notre association vous demande de renoncer à sa publication.

La sagesse voudrait qu’un débat de fond qui mobilise l’ensemble des « praticiens de la psyché » soit organisé et que votre gouvernement prenne le temps, dans la clarté et le souci respectueux des sujets, de donner à l’enjeu majeur que pose le malaise dans notre civilisation les moyens d’une résolution digne.

Je vous prie de bien vouloir agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très haute considération.

Pour (a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse,

Benoit Drunat,
Président

juin 22, 2006

Après les consultations du 15 juin

Par Benoit Drunat

Les consultations relatives au projet de décret d’application de l’article 52 se poursuivent. Francis Brunelle a reçu diverses associations le 15 juin [Fedepsy ; Ecole Psychanalytique des Forums du Champ Lacanien ; Société de recherche et de formation psychanalytique ; Ecole Freudienne ; SIUEERP ; Association de psychothérapie analytique ; Société Française de Psychanalyse Adlerienne ; Société Psychanalytique de Paris ; Quatrième Groupe ; Association Lacanienne Internationale ; Cercle Freudien) ; École de la Cause freudienne ; Espace analytique].

Pour obtenir un compte-rendu de cette réunion, rendez-vous sur www.oedipe.org

En voici un extrait : « P.Brunelle a annoncé que cette rencontre était celle des associations représentées et que le ministère souhaitait savoir si elles souhaitaient définir des critères concernant la profession de psychanalyste. Il semble que la réponse unanime des principales associations ait été : pas de critère ; Il n'a pas été question de remise des annuaires des dites associations.
Par ailleurs rien n'a filtré concernant une éventuelle modification quant à la rédaction du décret relatif à l'article 52 qui semble donc - en l'état des informations dont on dispose - ne pas avoir été modifié. »

Pour sa part, Jean-Pierre Sueur reprend - dans le texte que nous vous donnons à lire ci-dessous - les données du débat à sa manière. Il annonce un "programme" qui pourrait voir le jour en cas d'alternance lors la prochaine élection présidentielle et revient pour une part à la version Gouteyron de l'amendement Accoyer.

Jean-Pierre Sueur:
Amendement Accoyer, la débâcle

Par Jean-Pierre SUEUR, Sénateur du Loiret (PS)

Le nouvel avant-propos de décret sur le titre de psychothérapeute rendu public le 7 avril dernier par M. Xavier Bertrand, Ministre de la Santé, témoigne de la débâcle intellectuelle et politique où conduit l’acharnement à vouloir appliquer envers et contre tout le texte issu de l’amendement Accoyer qui est strictement inapplicable, parce que contradictoire dans ses termes.

Rappelons, pour la clarté du débat, les termes de cette contradiction.

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Amendement Accoyer, la débâcle" »

décembre 04, 2005

Décret d'application de l'article 52

Par Benoit Drunat et Armelle Gaydon

Chers amis,

Le gouvernement se rappelle à notre souvenir : Xavier Bertrand annonce une "large concertation" à propos du décret d'application de l'article 52 la loi sur la politique de santé publique du 9 août 2004. La concertation sera engagée sur le projet de décret début décembre et "le calendrier devrait nous permettre d’avoir une publication de ce texte en début d’année 2006", a déclaré le ministre lors de son audition sur l’application de la loi de santé publique du 9 août 2004 devant la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale.

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décembre 03, 2005

L’amendement Mattei, inutile et nuisible

Par Elsa Ebenstein

L’amendement Mattei, dicté par un souci de normalisation (la déréglementation et la normalisation ne sont pas, loin s’en faut, incompatibles, et ce gouvernement le prouve quotidiennement, pas seulement dans le domaine de la santé mentale !), est au mieux inutile et au pire nuisible.

Inutile : Prétendant défendre les usagers contre les sectes ou les pratiques déontologiquement contestables, l’amendement Mattei n’empêchera pas les personnes qui souffrent de trouver des chemins qui ne sont pas balisés par la science, de parler plus aisément à un marabout ou une voyante qu’à un psychologue diplômé. Il n’empêchera pas non plus la création inflationniste de signifiants leurrants, et souvent amusants, de «l’équithérapie» à la «tarothérapie»… Inutile aussi parce que, d’une certaine façon, il ne change rien : d’un côté, des diplômes universitaires exigés pour exercer légalement dans le champ de la santé mentale (qui s’avéraient déjà nécessaires pour intervenir en institution) ; de l’autre, la formation du psychanalyste, qui reste hors de toute reconnaissance légale.

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L'amendement Accoyer et commentaire

L'amendement : Article 52 de la loi n° 2004-806 du 9 Août 2004 relative à la politique de santé publique

"L'usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes.

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