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Acte III

Par le bureau d’(a)lpha

(a)lpha - association pour la laïcité de la psychanalyse, dont les membres expriment une commune volonté de défendre les positions qui étaient celles de Freud puis de Lacan concernant la formation de l’analyste et la condition sine qua non de la laïcité de la psychanalyse, se place dans une position d’extimité par rapport aux Ecoles de manière à pouvoir les interroger, de l’extérieur, sur leur manière de défendre, en France et ailleurs, la laïcité de la psychanalyse.

Constatant que la possibilité d’une psychanalyse exercée par des analystes laïques recule partout dans les institutions, nous craignons qu'elle ne subisse le même sort dans les Ecoles. Lorsque les associations d’analystes continuent d'affirmer les principes de Lacan, nous aimerions être sûrs qu'elles ne réservent pas, dans les faits, la reconnaissance de la qualité d'analyste à ceux qui peuvent justifier d'un diplôme de psychologue ou de psychiatre ou à ceux – ce qui reviendrait au même – qui peuvent justifier d'une pratique clinique en institution.

Or, les péripéties parlementaires ne sont d’ailleurs que la pointe immergée de l’iceberg dans la mise en coupe réglée de la pratique analytique et la tentation peut désormais être forte, avec l'article 52 de la loi du 9 août 2004 qui a notablement changé la donne, que les Ecoles se mettent à l'abri du regard et des critiques de l'Etat en n'y accueillant que des diplômés de médecine et de psychologie.

Aussi, sans aucun doute les Ecoles et les associations d'analystes seront-elles, un jour prochain, appelées à se déterminer publiquement sur l'accueil des psychanalystes profanes, qui n’ont pas fait le choix d’être diplômés de psychologie ou de médecine. La question s'est déjà posée, ici et là, ces derniers mois, en des termes qui plaçaient au rang de critère la détention de tel titre universitaire.

C’est pourquoi (a)lpha – association pour la laïcité de la psychanalyse formule ces quatre questions et espère ainsi contribuer à la clarification du débat :

- Les analystes profanes doivent-ils précéder les attentes de l’Etat et renoncer à leur lecture de l’enseignement de Freud sur la laïcité et/ou de Lacan sur la formation des analystes ?

- Les analystes profanes qui souhaitent orienter leur pratique dans le cadre de telle ou telle institution psychanalytique pourront-ils continuer de le faire ? Si oui, à quelles conditions ?

- Pourront-ils par exemple intégrer Ecoles ou Associations, sans s’entendre demander d’opérer un détour par une faculté de psychologie ou de médecine ?

- Les Ecoles ou Associations se soucient-elles de l'accueil, dans des espaces cliniques, d'analystes profanes ?

De même, forte des travaux qui se poursuivent et de ses projets qui prennent forme, (a)lpha proposera le 19 novembre 2005 un nouvel Après-midi de Travail dont la thématique se développera autour de la question suivante : Si la formation à la pratique de la psychanalyse relève des associations analytiques, non de l'Université (seuls des analystes forment des analystes) ; si la psychanalyse n'est pas une spécialisation de la psychologie (psychologie clinique ou d'orientation freudienne) ni de la médecine ; si la pratique de la psychanalyse n'est pas réservée aux psychologues ou aux médecins ; s’il n'existe pas, ni ne doit, ni ne peut exister de diplôme universitaire autorisant à pratiquer la psychanalyse, alors comment assurer l'effectivité de ces hypothèses qui prennent valeur de principe pour (a)lpha, en France aujourd'hui et pour l'avenir ?

Pour le bureau d’(a)lpha, Elsa Ebenstein, Benoit Drunat