« Science et laïcité de la psychanalyse
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Identification de l'analyste et laïcité de la psychanalyse
Compte-rendu de réunion

Compte-rendu : Marie-Dominique Auzéby et Benoit Drunat

Réunion du 1er mars 2006

Etaient présents Marie-Dominique Auzéby, Jamileh Talebizadeh, Thomas Franzetti et Benoit Drunat. Etaient excusées Aline Dupuy, Bernadette Goffart et Elsa Ebenstein.

La psychanalyse serait, étant donnée l’actualité que l’on sait, l’ultime rempart pour protéger le secret, et la laïcité du psychanalyste, bien venue comme étant l’un des aspects de sa non-identification (par exemple, non-remboursement des séances) en tant qu’il est un indice du non-« vérifiable ».

Question du savoir

Benoit Drunat, ayant posé ce préambule, rappelle qu’(a)lpha s’est fixée la production de textes – lisibles de tous – qui sont soumis au groupe et que l’on décide ou non de publier… Il mentionne que les deux groupes de travail vont peut-être finir par n’en faire qu’un car la question de la laïcité de la psychanalyse et de la science, comme celle de la laïcité de la psychanalyse et de l’identification du psychanalyste, butent finalement sur une seule et même question : le savoir.

JT dit que, pour l’état, les psy bénéficieraient en quelque sorte d’un déplacement, le divan ayant remplacé le confessionnal. Elle pose par ailleurs la question de l’articulation la laïcité de la psychanalyse au savoir (On voit qu’il y a résistance à un savoir…) et défend l’idée que ce n’est pas un hasard si la psychanalyse naît en Europe à un moment donné et pose la question de savoir pourquoi c’est Freud, sa formation scientifique et médicale, qui en est le découvreur. Elle établira un texte sur ce point.

BD reprend que laïcité appliquée, spécificité de la relation analytique, dés-identification, faille subjective, sont d’autres points à mettre au travail, la cure à la fois se terminant sur une destitution subjective et ne nous laissant en principe ni dans l’identification à notre analyste, ni dans l’identification à l’analyste.

- Que serait-ce, en effet, que de « faire l’analyste », ou de « se prendre pour l’analyste » – alors même que la société nous convoque à tomber dans ce panneau, étant entendu qu’il ne peut exister du psychanalyste hors du dispositif analytique.

- De même la question du titre – qu’il n’y a pas – mais qui prend néanmoins consistance dans l’esprit des gens à ce qu’on se déclare psychanalyste, provoquant leur conviction que nous, psychanalystes, savons, quand bien même nous n’en savons pas plus qu’eux…Ce qui se produit pour le champ social dans l’imaginaire – et d’imaginaire – vient là buter sur la difficulté de la transmission de notre pratique.

JT évoque le malentendu de la différence entre la « preuve » et la « trace ».

BD : c’est dans ce sens que Lacan a pu parler d’escroc ou d’imposteur.

Identification, Formation et Ecole

JT conjoint la question de la passe et cette identification à l’école : Pourquoi s’identifier à ce point à une école ?

BD énonce qu’une des « chances » de notre génération, c’est d’avoir accédé à l’analyse « sans le corps de Lacan » : ainsi y aura-t-il bientôt ceux qui en resteront à Lacan en tant que personne, et ceux qui sont attachés à son œuvre.

TF dit que cela lui évoque le texte de Lacan : « La psychanalyse, la vraie et la fausse » (Il propose de travailler ce texte),

BD évoque « La science et la vérité » et en vient à souligner que la question de la causalité psychique n’est pas pour rien dans la question soulevée par le groupe, la science pensant que la cause se résorbe complètement dans son effet, alors qu’il y a un reste et qu’à partir ce reste, il peut y avoir du psychanalyste, le reste via l’acte étant peut-être le style de l’analyste…


Question de la méthode et du style

BD dit que Lacan reprend la phrase de Buffon, « Le style, c’est l’homme même » et fait référence au séminaire de Marie-Hélène Brousse sur la question (à trouver).

JT ajoute ce que pense Flaubert du style qui le qualifie d’impalpable alors que selon la méthode scientifique, on peut le démontrer... Le style ne permettant pas d’être reconnaissable.

BD parle ensuite du passage à l’analyste : à la fois c’est « naturel », et en même temps on se demande ce qu’on fait …Ce qui pose la question de ce qu’il y a d’identifiable dans l’acte : il n’y a pas de méthodologie de l’acte.

Eléments de bibliographie

Après les articles qui nous ont été distribués ou cités lors de la rencontre initiale au Clauzel, du 11.01., quelques titres : « Pas tout Lacan » qui rassemble les conférences et lettres de J.Lacan de 1958 à 1980, « L’acte psychanalytique », 1968 ; « La « formation » du psychanalyste», Revue de l’ECF N° 52 ; des témoignages d’AE sur ORNICAR ? Digital.


Prochaine réunion :
le mercredi 5 avril, à 21h00,
au cabinet de Marie-Dominique Auzéby