Comment articuler notre praxis à une science affine ?
Par Françoise Stark Mornington
Nouer la notion de science à l’objet de la psychanalyse induit d’emblée une dichotomie, puisque la psychanalyse est la technique du bien dire. Il s’agira ici de mettre cependant en tension une articulation entre l’objet des sciences du langage, de la topologie, de la logique et l’éthique de la clinique comme l’impossible à supporter depuis les enseignements de S. Freud et J. Lacan.
L’enjeu est de taille, car l’objet de la science induit une contrainte épistémique, à savoir, pour reprendre K. Popper (1959)1, la caractéristique fondamentale à engendrer des propositions falsifiables. Ce trait est purement différentiel avec la configuration de l’expérience analytique, puisque «au commencement de la psychanalyse est le transfert». Le transfert, comme le précise J. Lacan, est ce dispositif où l’intersubjectivité convie à l’usage de la parole, un sujet. La psychanalyse promet au sujet un savoir, supposé présent dans les signifiants de l’inconscient. A ce titre, la psychanalyse est une expérience, elle est empirique. De cet empirisme est né un art, qui se transmet au "un par un". C’est là, où J. Lacan désigne la place où la psychanalyse doit s’articuler à la science, à savoir la position de la maieutikê , car il s’agit en effet de convier le sujet à une destitution subjective. [Maieutikê] est à entendre du côté de l’art, c’est-à-dire non pas comme une méthode opérationnelle, mais au sens où il était en usage au Moyen-Age quand on parlait des arts libéraux telles que l’astronomie, la dialectique, en passant par l’arithmétique, la géométrie, la musique et la grammaire.
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